Comment échapper aux vendeurs de rêve ?
Un pas plaintif.
Certains endroits nous condamnent, pour ainsi dire, à certains désirs. On ne peut pas passer dans ces rues régulièrement sans qu'à un moment les vêtements qu'on vous présente, les consommables qu'on vous met sous le nez, les lumières qu'on fait briller sous vos yeux, ne finissent par faire leur effet.
Bah, oui ! En fait, ils définissent un genre de vie. Et vous avez beau croire en un autre monde, vous avez beau vous orienter vers d'autres joies, ce clinquant a été conçu pour vous attirer.
Je ne plaide pas pour un renversement de ces endroits, de ces lieux. Je suis triste en fait de sentir que la plupart de nos contemporains n'ont pas le choix de leurs joies, que ces joies frelatées qu'on leur vend finissent par faire naître en eux des désirs qui ne sont pas vraiment les leurs ou plus exactement qui ne naîtraient pas si on ne lâchait pas la bride à ces vendeurs de rêves qui détournent nos corps de ce qui vaut le mieux pour eux.



Personnellement, ce que je regrette, c’est que le consumérisme de masse dévalue les objets de manière générale. Il leur enlève la temporalité qui était autrefois liée à leur durée d’usage…
Il serait bon d’éduquer à la consommation.Relire Baudrillard si éclairant sur le système des objets. Avoir un système interne critique sur les questions de boulimie, défendre un idéal non de modération et de décroissance mais de goût, sous toutes ses formes y compris la plus simple. Encourager la sprezzatura. Et mépriser la publicité.