Où vivre sans les objets ?
Un pas vers l'ici.
Quand on a un chez soi où l’on a beaucoup d'affaires, forcément, partir c'est laisser tellement de matière derrière soi qu'on en est comme plombé. C'est comme un fil à la patte. On peut partir très très loin, on sait que l'on est, d'une certaine manière, rappelé par ces objets, ça veut dire sa maison, ses affaires, ses livres, son lit, des choses matérielles en fait.
Quand on se détache de ces choses, quand on vend ses meubles, qu'on donne ses fringues, qu'on disperse ses livres, au moment de partir, en fait on perd tout - parce qu'on laisse rien derrière soi.
Mais ça développe une toute autre manière d'habiter le monde, puisque partout où l’on va, à partir de là, c'est là qu'on habite, c'est là qu'on vit. Il y a une présence du corps au monde qui est différent du fait que toute la matière à laquelle je m'identifie.
Cela veut dire que tout ce qui est à moi et sur moi, je le porte avec moi, ça m'accompagne partout… parce que c'est moi.
J’observe au passage que ceci est peut-être ma newsletter ma plus intime, puisque j’y dévoile comment je vis : avec très peu de vêtements, sans posséder de meubles ni d’objets, ni même de livres. Tout ce que je lis, je le donne ou le revends aussitôt. J’ai découvert la liberté, et une forme nouvelle de présence, dans cette légèreté.



Je partage ce mode de vie depuis vingt ans maintenant. Tenter une existence sans attaches matérielles si ce n’est un minimum. Parfois quand je passe la porte d’une maison j’observe ce que les habitants accumulent, parfois c’est un peu effarant.
Merci d’avoir ouvert ce sujet. Si l’on considère que cette façon de vivre est une façon d’assumer une forme de décroissance, peut-être qu’il est possible de simplement dire que s'exiler de la société de surconsommation est un choix.
Cette idée est intéressante, Maxime. Je me demande néanmoins s’il est forcément nécessaire de ne rien posséder pour découvrir que l’on n’est pas matérialiste. Il me semble que l’on peut rester attaché à certains objets sans forcément les laisser nous définir.